L'arrivée de sa Majesté la Reine et sa cour... dans notre cour ! Attention aux ours et aux moufettes !

par Le Belge
dans Blogue
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Grande tendance " à la mode " de notre époque, la protection de nos abeilles est un enjeu toutefois bien réel. Et La Belle et Le Belge entrent également dans la danse avec l'installation de 2 ruches. Un projet à l'apparence bien magnifique et bien noble, mais comportant de grandes responsabilités et précautions... Surtout avec une nature aussi abondante à proximité et si intéressée par ce que contient ces petites boîtes aux nombreuses hôtes, produits et bienfaits... Ours et moufettes attention, car qui s'y frotte, s'y pîque !

Le problème des attaques répétées à une ruche c'est qu'elles finissent par rendre les abeilles agressives et à décourager les propriétaires de poursuivre la cohabitation. Si vous vous lancez dans l'aventure, il est donc primordial de mettre en place toutes les conditions autant pour votre propre bien-être que celui de vos abeilles afin de rendre votre cohabitation gratifiante. #LeRucherDuBelge

Étant donné que nous ne sommes qu'invités dans cet environnement naturel, là-haut sur la montagne, les mesures que nous avons mises en place se veulent strictement dissuasives et en aucun  cas elles ont été installées dans le but de blesser gravement ou tuer un animal. D'autant plus que le garde-manger est vaste tout autour... nous avons confiance que nos copains poilus trouveront aisément ailleurs de quoi se mettre sous la dent... 

Connaître pour comprendre et bien faire...
Notre démarche a débuté avec une formation en apiculture, que nous avons suivi avec grand intérêt, attention et volonté de faire les choses selon les règles de l'art, ainsi que beaucoup de lecture dont le manuel d'apiculture écologique de Alain Péricard " L'abeille et la ruche ". Développer son savoir c'est faire les choses consciencieusement, mais c'est aussi démystifier le vrai du faux.

Où placer les ruches ?
Il fallait ensuite trouver l'emplacement parfait sur notre site pour établir nos colonies : un terrain sec, dégagé, bien drainé, avec une faible pente, protégé des vents dominants et orienté vers l'est afin que les ruches soient réchauffées par le soleil du matin. Le site parfait doit aussi être abrité des rayons brûlants du soleil d'été par des feuillus situés au sud et au sud-ouest et il doit y avoir de l'eau propre à proximité permettant aux abeilles de récolter l'eau sans se noyer.

Être bien équipé 
Nombreuses sont les entreprises pour vous procurer tout l'équipememt nécessaire. Nous vous recommandons de demander à votre formateur et/ou mentor dans le domaine qui sauront vous référer aux meilleures adresses dont Dancing Bee fait partie. Nous concernant, nous avons choisi des combinaisons ventilées afin d'être confortables même durant les journées les plus chaudes. Nous avons aussi des gants de cuir que nous gardons dans notre poche arrière vraiment juste au cas où, car il est préférable de travailler les mains nues pour gagner en précision des manipulations et ainsi éviter de commettre une bévue " douloureuse ". Bref, les seuls membres à découvert ce sont nos mains. Mais sachez qu'être bien équipé c'est aussi être prêt " dans sa tête ". 

Protéger les ruches des prédateurs
Beaucoup d'animaux peuvent se nourrir occasionnellement d'abeilles ou de produits de la ruche, mais la plupart causent peu de dommages, et tous contribuent à la biodiversité et à l'équilibre de l'environnement du rucher. Cependant, pour certains autres prédateurs, le réveil est brutal en constatant le peu de délicatesse d'un animal affamé qui transforme le rucher en véritable carnage et zone de crime.

- Les INSECTES sont peu susceptibles de nuire aux abeilles sauf les guêpes, les abeilles solitaires et les bourdons qui peuvent tenter de voler le miel surtout à l'automne, mais elles sont vigoureusement chassées des ruches voire tuées. Les fourmis cependant aiment s'installer sous les couvercles des ruches, mais elles tentent rarement de s'aventurer plus loin. La majorité des insectes intéressés se nourrissent principalement des déchets évacués par les abeilles en dehors de la ruche ou bien profitent de la chaleur produite par les abeilles dans la ruche en s'installant sous le couvercle sans causer de dommages. Nous entendons aussi de plus en plus parler des attaques de ruches par les frelons asiatiques. Ce gros insecte se place en vol stationnaire devant l'entrée des ruches où il capture les abeilles pour nourrir ses larves. Si un frelon tente de pénétrer dans la ruche elles seront rapidement identifiées et attaquées par des centaines d'abeilles gardiennes. Des grilles de protection peuvent être placées à l'ouverture des ruches pour empêcher les gros insectes d'y pénétrer, mais disons que bien d'autres territoires en seront victimes avant qu'elles ne trouvent le chemin jusqu'ici... nous composerons avec la situation rendu-là, le cas échéant. Mais ne sous-estimez pas une colonie d'abeilles en santé ! Elle sait se défendre...

- Les OISEAUX INSECTIVORES, comme les hirondelles et les mésanges, se nourrissent à l'occasion d'abeilles. Étonnamment c'est en hiver que nos ruches alimentent le plus les mésanges qui sont peu farouches et remarquablement résistantes au grand froid. Les mésanges mangent surtout les abeilles mortes ou mourantes qui ont le réflexe de sortir de la ruche durant l'hiver.

- Les COULEUVRES peuvent manger quelques abeilles à l'entrée des ruches, mais elles ne s'aventureront pas plus loin car si elles tentent d'entrer dans la ruche, elles vont être rapidement chassées par des centaines d'abeilles qui jouent le rôle de gardiennes. Elles sont de plus très utiles contre les souris et les mulots qui s'installent dans les ruches en hiver, mais une ruche forte se défend fort bien contre les petits rongeurs. En effet, comme les abeilles ne peuvent pas les sortir de la ruche, les souris ou les mulots tués seront momifiés en les enduisant de cire de propolis pour les empêcher de se décomposer. Non mais, elle n'est pas bien faite la nature ?

- Les MOUFETTES sont très difficiles à contrôler... je présume que vous devinez pourquoi ? Habituellement, le raton laveur et la moufette se contentent de se nourrir la nuit des abeilles mortes et des larves malades rejetées devant la ruche et qu'ils dégustent comme du " pop corn ", mais peuvent aussi faire sortir les abeilles en grattant l'entrée de la ruche pour satisfaire les appétits les plus insatiables... 

- Et la pièce de résistance, l'OURS ! Voici un prédateur redoutable et loin d'être adorable et délicat comme " Winnie l'Ourson ", ce qui l'intéresse est bien au-delà du miel et se trouve dans le coeur même de la ruche : les protéines du couvain et dans le pollen ! Et pour les atteindre il devra littéralement démolir les ruches, et il y en aura partout ! Et de plus, il reviendra... le réel problème est qu'une clôture électrique, bien que dissuasive pour la majorité des prédateurs, n'est pas toujours suffisante pour arrêter un ours qui a déjà goûté aux produits de la ruche et qui veut récidiver. Comme cet animal est bien protégé par une épaisse fourrure, nous pouvons toutefois nous servir du fil électrique comme un appât pour son estomac en y enroulant des tranches de bacon recouvertes de beurre d'arachide, en souhaitant toutefois qu'il ne vienne jamais, mais mieux vaut être plus prudent que pas assez, car personne ne veut d'un ours qui rôde dans les parages. Avant d'en venir là, vos caméras vous informeront toutefois, car l'ours tourne généralement autour des ruches pendant un certain temps avant de s'en approcher. 

Aux prédateurs astucieux les moyens les plus judicieux !
Voici les différentes barrières de sécurité que nous avons installées pour protéger notre rucher d'attaques potentielles : 

1- Notre adorable chien Miles joue le 1er rôle de dissuasion en imprégnant les environs de son urine. Il suffit de l'observer, lors de sa ronde matinale quotidienne, pour savoir immédiatement si des visiteurs clandestins sont passés durant la nuit... Nous avons d'ailleurs remarqué que les animaux sont beaucoup plus présents et s'aventurent beaucoup plus près de nos installations lorsque Miles n'est pas à la maison...

2- Une caméra infrarouge pour identifier rapidement les intéressés et assurer une intervention ou une correction ou la réparation rapide, au besoin.

3- L'installation de planches cloutées orientées vers le haut à l'entrée des ruches afin que ratons laveurs et moufettes comprennent vite qu'il vaut mieux chercher à manger plus loin.

4- Une clôture électrique alimentée par un système solaire pour lequel un fil électrifié passe tous les 25 cm et ce à partir du sol, pour dissuader les plus petits, et d'une hauteur de 4 pieds, pour faire fuir les plus imposants. Mais pour garantir son efficacité, il faut veiller à ce que l'herbe reste rase sous le fil électrifié afin d'assurer une bonne mise à terre. 

5- En dernier recours, si nous suspectons un petit visiteur recurrent, nous utiliserons un piège de relocalisation.

Les découvertes du monde apicole s'annoncent nombreuses ! Nous ne manqueront pas de vous en partager les anecdotes et les leçons... 

* Mais qu'est-ce qui peut bien encore couver au pondoir pour nos joyeux gais lurons ? Perchés sur leur Montagne, dans leur cabane au Canada ? Soyez parmi les premiers à le découvrir en vous inscrivant ICI